Analyse Le taux du contrat de l’Afer, une référence du marché de l’assurance-vie, a été annoncé mardi 16 janvier à 2,22 %, confirmant la hausse générale des rendements des fonds en euros. Chez certains assureurs, ils dépassent ceux du livret A, fixés à 3 %.
Si le livret A est le placement financier le plus répandu chez les Français, qui sont 81 % à en détenir, l’assurance-vie est de loin le plus important en valeur, dépassant les 1 900 milliards d’euros d’encours, la somme totale épargnée et non remboursée en 2023. Après une longue érosion de ses rendements et une stabilisation en 2021, ce début d’année 2024 confirme la hausse constatée l’année dernière, en lien avec le regain de l’inflation.
L’Afer annonce 2,22 %
Sur le marché de l’assurance-vie, le contrat passé par l’Association française d’épargne et de retraite (Afer) pour ses 750 000 adhérents, avec 55 milliards d’euros d’encours, fait figure de référence. L’annonce, mardi 16 janvier, du taux de rendement de son fonds en euros était donc très attendue : à 2,22 % pour 2023, net de frais de gestion, il est en hausse par rapport aux 2,01 % de 2022.
Ce taux, déclaré chaque année par les assureurs, définit le gain annuel des épargnants ayant souscrit un contrat d’assurance-vie avec un « fonds en euros », dont les rendements sont relativement faibles mais garantis. Les fonds « en unités de compte », eux, sont investis sur les marchés financiers, notamment les marchés d’actions. Ils sont donc plus risqués, mais potentiellement plus rémunérateurs.
Un effet de la redistribution des réserves
Le taux de l’Afer reste pourtant en deçà de la moyenne attendue, estimée à 2,5 % selon le baromètre 2023 de l’épargne vie du cabinet Facts & Figures publié au mois d’octobre. Une augmentation de 30 % par rapport à l’année 2022. Les premiers assureurs à publier leurs résultats affichent en effet des taux supérieurs, tels que 2,7 % chez la Macif, 2,8 % pour le Crédit mutuel, et jusqu’à 3,5 % chez Garance épargne et 4,10 % chez Placement-direct Euro +.
Cette hausse des rendements des fonds en euros s’explique, d’une part, par la redistribution des réserves (la provision pour participation aux bénéfices, ou PPB), à laquelle les assureurs ont été contraints par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) dans le but de mieux rémunérer les épargnants. Mais aussi par la hausse des taux d’intérêt : « Au fur et à mesure que les obligations que détiennent les assureurs arrivent à terme, ils rachètent des obligations avec des rendements supérieurs qui permettent d’améliorer le rendement moyen », analyse Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne.
Source : LA CROIX