Étouffé par ses dettes, Atos change de directeur général

Actu Entreprises Publié le: 17/01/2024

Lourdement endetté, le groupe informatique Atos a nommé son directeur financier, Paul Saleh, directeur général ce lundi 15 janvier. Le titre Atos à la Bourse de Paris a plongé à près de 13 % à la mi-journée. Yves Bernaert, l’ancien directeur a évoqué « une différence de point de vue » pour expliquer son départ.
Pris dans une crise profonde dont il ne parvient pas à s’extraire, le groupe informatique français Atos mise désormais sur Paul Saleh, promu lundi 15 janvier directeur général, pour manœuvrer l’entreprise, engagée dans la renégociation de sa lourde dette et plusieurs cessions d’actifs.

Ce changement de capitaine en pleine tempête, annoncé dans un communiqué lundi matin, n’a pas convaincu les investisseurs : à la Bourse de Paris, le titre Atos lâchait près de 13 % à la mi-journée, à 4,24 €, dans un marché en repli de 0,42 %. Peu après l’ouverture, il avait cédé jusqu’à plus de 15 %. Il a perdu environ 40 % de sa valeur depuis le 1er janvier.

Un ex-directeur financier
Le groupe a fixé à son nouveau patron, qui occupait précédemment le poste de directeur financier, sa feuille de route : il a « pour priorités le refinancement des dettes financières (…) et les négociations en cours ou à venir », qui concernent notamment la cession des activités historiques d’infogérance au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky et celle du pôle Big Data & Security à Airbus.
Yves Bernaert, qui n’aura passé que trois mois comme directeur général, a justifié son départ dans le communiqué par « une différence de point de vue sur la gouvernance pour ajuster et exécuter la stratégie dans l’intérêt de l’entreprise », sans donner davantage de détails.
Ce mouvement « n’est pas tout à fait surprenant », ont fait valoir les analystes d’Oddo BHF, rappelant la nomination d’un chef des opérations en décembre, qu’ils interprètent comme un signe de « désaveu ».

En octobre, le président du groupe, Bertrand Meunier, avait déjà dû céder sa place face aux critiques visant son projet consistant à scinder Atos en deux branches. En interne, ces nouveaux soubresauts ont également été froidement accueillis.

« Où va Atos ? »
« La question actuellement, c’est où va Atos à part vers un dépôt de bilan ? », a réagi un représentant syndical sous couvert d’anonymat. Il dénonce, avec la nomination de Paul Saleh, l’arrivée d’un « financier » dépourvu de vision industrielle pour l’entreprise.
Atos, confronté à un mur de dette et qui doit rembourser ou refinancer 3,65 milliards d’euros d’emprunts et obligations venant à échéance d’ici fin 2025, a dans le même temps réfuté lundi avoir demandé la désignation d’un mandataire judiciaire ou l’ouverture d’une procédure de conciliation, alors que des informations de presse ont évoqué ces possibilités.

Le groupe rappelle toutefois qu’il « se réserve le droit d’utiliser les mécanismes juridiques disponibles », comme il l’avait indiqué en début d’année. Selon une source proche du dossier, des discussions avec les banques sont engagées et se poursuivent en prenant en compte les différents scénarios possibles.

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